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Soutenir la réussite de la communauté autochtone

Tony Williams, FICA et actuaire-conseil à la retraite, cumule plus de 40 ans d’expérience dans le secteur des régimes de retraite, des placements et des avantages sociaux. Tout au long de sa carrière, et même à la retraite, il a apporté beaucoup et de nombreuses façons à la communauté autochtone. En 2022, on lui a décerné une plume d’aigle, soit une distinction honorifique pour des personnes non autochtones.

Avant de parler de vos activités au sein de la communauté autochtone, pouvez-vous nous donner un aperçu de votre carrière d’actuaire?

J’ai obtenu un diplôme spécialisé en mathématiques actuarielles de l’Université du Manitoba en 1977 et j’ai décroché mon premier emploi à la Monarch Life à Winnipeg. Trois ans plus tard, j’ai entrepris de faire de la consultation et j’ai été embauché à titre d’étudiant en actuariat au sein d’un cabinet-conseil en actuariat de Winnipeg.

Quelques années plus tard, je suis déménagé à Calgary pour travailler chez Johnson and Higgins Willis Faber (J&HWF), un cabinet-conseil international. Chez J&HWF, j’offrais des services-conseils principalement axés sur les régimes de retraite et les placements. C’est également à cette époque que j’ai terminé mes examens d’actuariat et que j’ai obtenu les titres de FICA et de FSA.

Par la suite, j’ai occupé plusieurs postes principalement axés sur les régimes de retraite et les placements au sein de divers cabinets un peu partout au pays, dont Towers Perrin, Buck Consultants et, enfin, Watson Wyatt.

En 2008, Watson Wyatt a décidé de se retirer du secteur des régimes multiemployeurs. Cette décision affectait une grande partie de ma clientèle. J’ai donc organisé un rachat et formé une nouvelle société du nom de PBI Conseillers en actuariat. J’ai occupé le poste de président de PBI pendant le reste de ma carrière, puis j’ai pris ma retraite en 2016.

J’ai tenté de m’impliquer dans d’autres domaines tout au long de ma carrière et j’ai fait du bénévolat au sein de l’ICA et de nombreuses autres organisations. J’ai souvent agi à titre de conférencier sur des questions liées à la retraite et aux placements. J’ai siégé à la Commission de pratique d’investissement, que j’ai présidée pendant plusieurs mandats. J’ai aussi siégé pendant cinq ans au Conseil des normes actuarielles.

Vous avez travaillé avec plusieurs groupes s’intéressant aux questions autochtones. Parlez-nous de ces organismes, de leurs missions et de votre apport à ceux-ci.

Tout au long de ma carrière, j’ai eu plusieurs occasions de travailler auprès de clients autochtones très importants – ils sont quand même assez nombreux! J’ai notamment eu le plaisir de travailler pendant plusieurs années avec le gouvernement Nisga’a Lisims, dans le nord de la Colombie-Britannique. Jusqu’à ma retraite, j’ai soutenu celui-ci dans la gestion des fonds issus des traités afin qu’il soit en mesure d’en assurer la gestion efficace et prudente.

Vers 2008, j’ai aussi assuré un soutien à la Première Nation des Vuntut Gwitchin dans le cadre de son programme de paiement aux aînés. J’ai démontré à ses dirigeants et dirigeantes que les paiements mensuels aux aînés constituaient, essentiellement, un régime de retraite et que leur passif augmentait. Mon rapport a été présenté à l’assemblée générale des Gwitchin Vuntut près d’Old Crow, au Yukon, et a été traduit simultanément en gwich’in. 

En 1993, j’ai participé au placement de l’argent des Gwich’in issu de traités à Fort McPherson, dans les Territoires du Nord-Ouest. J’ai par la suite été retenu comme témoin expert en matière de placement dans le cadre du procès intenté contre la Reine par la Nation crie de Samson en Alberta. Ce travail pour la Nation crie de Samson s’est poursuivi pendant plusieurs années, au cours desquelles j’ai témoigné à plusieurs reprises devant le tribunal. Cela m’a également amené à soutenir la nation à établir une fiducie patrimoniale Kisoniyaminaw de 350 millions de dollars.

J’ai pris ma retraite en juin 2016 en raison de problèmes de santé, mais j’ai continué à m’investir auprès de la communauté en intégrant le conseil d’administration bénévole de la Verna J. Kirkness Education Foundation. Cette fondation a pour mission d’augmenter le nombre de diplômés et diplômées des Premières Nations, métis et inuits en sciences, en génie et en médecine. Il y a environ trois ans, j’ai accédé à la présidence du conseil d’administration et j’en demeure le président bénévole.

Toujours vers 2016, j’ai créé deux fonds de dotation en versant des dons à l’Université du Manitoba. Ces fonds de dotation sont destinés aux étudiants et étudiantes autochtones qui poursuivent des études en sciences à l’Université. J’ai par la suite intégré le conseil consultatif externe du doyen de la Faculté des sciences. À ce titre, j’ai fait le don initial afin que l’Université du Manitoba puisse mettre sur pied le programme Wawatay, qui vise à augmenter les chances que les étudiants et étudiantes autochtones en sciences obtiennent leur diplôme.

Enfin, en 2018, je me suis engagé auprès du Worldwide Indigenous Science Network (WISN) de Lahaina, à Hawaii. J’ai travaillé en tant que bénévole et donateur afin de permettre au WISN de créer un programme d’études sur la science et la paix autochtones à l’Université pour la paix des Nations Unies au Costa Rica. Ce travail de donateur et de bénévole pour les œuvres relatives aux sciences et aux personnes autochtones a été très gratifiant pour moi sur le plan personnel.

Voilà un curriculum vitæ bien étoffé! Vous avez aussi siégé au Groupe consultatif de l’ICA sur la diversité, l’équité et l’inclusion. Quelles étaient les principales priorités de ce groupe?

J’ai intégré ce groupe consultatif de l’ICA à l’automne 2022. Le groupe a le vaste mandat de procéder à un examen et de formuler des recommandations visant à accroître la participation d’étudiants et étudiantes issus de groupes sous-représentés tels que les peuples autochtones, les personnes noires et les autres personnes de couleur. Au sein de ce groupe, je me préoccupe personnellement de la sous-représentation des personnes autochtones. À l’heure actuelle, la communauté actuarielle compte très peu de membres autochtones.

En effet, la profession actuarielle affiche un manque important de membres autochtones. Selon vous, que pourrions-nous faire pour remédier à cette situation?

Lors de mon travail relatif au programme de paiement aux aînés de la nation Vuntut Gwitchin en 2004, j’ai demandé au client pourquoi il n’avait pas choisi un actuaire autochtone. On m’a répondu qu’on n’en avait pas trouvé. À partir de ce moment, je me suis donné comme mission de faire ce que je pouvais pour tenter de corriger cette sous-représentation.

Ce problème a été souligné il y a quelques années, lorsque l’ICA a mené un sondage sur la diversité. Les résultats ont montré que les personnes autochtones étaient représentées à moins de 1 % parmi les membres de l’ICA. Si la représentation était proportionnelle à celle de la population, ce pourcentage aurait dû être de 5 à 6 %. De mon point de vue, cette situation était attribuable à la direction de l’ICA. J’ai donc participé à la création d’un partenariat entre la Fondation actuarielle du Canada et la Verna J. Kirkness Education Foundation afin de contribuer à la résoudre.

J’ai bon espoir que l’ICA concevra des programmes visant à inciter les élèves autochtones à étudier les mathématiques et, pour certains d’entre eux et elles, à poursuivre une carrière en actuariat et obtenir le titre de FICA.

La Verna J. Kirkness Education Foundation vous a récemment décerné un prix très prestigieux. Pouvez-vous nous en parler?

En août 2022, la Fondation Kirkness a organisé une retraite à Kananaskis à laquelle j’ai participé en tant que président du conseil d’administration. De façon tout à fait inattendue, les membres autochtones de la fondation m’ont remis une plume d’aigle lors d’un dîner du conseil. La plume d’aigle est le plus grand honneur qu’un groupe autochtone puisse accorder à une personne non autochtone.

J’étais ravi que le conseil d’administration de la fondation ait suivi les activités que j’ai entreprises depuis 2015 pour améliorer les possibilités d’éducation des étudiants et étudiantes autochtones, d’autant plus que je considère que mon travail s’inscrit dans les 94 appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation. J’ai accepté ce très grand honneur avec humilité et je conserve précieusement cette plume, qui témoigne de la reconnaissance à l’égard de mon travail.

L’ICA, en partenariat avec l’Association nationale des étudiants en actuariat, a offert trois bourses d’études à des étudiants et étudiantes en actuariat, soit la Bourse autochtone, la Bourse de la culture inclusive et la Bourse d’excellence universitaire. La Bourse autochtone n’a malheureusement pas été décernée cette année en raison du nombre limité de candidats et candidates, mais nous espérons qu’elle le sera dans les années à venir.

Cet article présente l’opinion de la personne interviewée et ne constitue pas un énoncé officiel de l’ICA.

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