La COVID-19 et le choc pétrolier : argument pour l’existence d’un cygne noir

Cet article a été publié initialement dans le Carrefour COVID-19 de l’ICA.

par Terence Narine, FICA

Cet article ne doit pas être considéré comme une opinion actuarielle ni servir de ligne de conduite pour la réalisation de travaux actuariels. N’ayant pas d’expérience dans certains des champs de pratique mentionnés, mes commentaires sont ceux d’un profane.

Un cygne noir, c’est par exemple une inondation du type qui survient tous les 200 ans et que nous, gestionnaires de risques, redoutons au plus haut point : un événement rare qui survient moins d’une fois au cours d’une vie. Pour ceux d’entre nous qui sont versés dans l’actuariat et la statistique, ces événements sont supérieurs à l’espérance conditionnelle unilatérale de 95 % et se situent dans la queue de distribution. Investopedia donne la définition suivante des cygnes noirs : [traduction libre]

  • Un cygne noir est un événement extrêmement rare qui a de graves conséquences. Il ne peut être prédit, bien que de nombreuses personnes soutiennent qu’il devrait être prévisible après-coup.
  • Les cygnes noirs peuvent causer des dommages économiques catastrophiques, et puisqu’on ne peut les prédire, on ne peut que s’y préparer en construisant des systèmes robustes.
  • Le recours à des outils de prévision standard peut à la fois échouer à prédire et éventuellement accroître la vulnérabilité aux cygnes noirs en concourant à la propagation du risque et en créant un faux sentiment de sécurité.

Lorsque nous examinons la pandémie de COVID-19 et le choc pétrolier, voyons-nous des cygnes noirs? Absolument.

En règle générale, les gestionnaires de risques tiennent compte du phénomène de contagion dans leurs travaux. Les actuaires étudient depuis un certain temps des scénarios ORSA dans leurs modèles de risque, selon lesquels deux crises se manifestent simultanément. Ces crises simultanées pourraient être, par exemple, un environnement de faibles taux d’intérêt, conjugué à la montée en flèche de la mortalité ou de la morbidité. Toutefois, la situation semble ici différente.

Nous avons une crise sanitaire, la pandémie de COVID-19, qui crée une crise financière. La crise économique a été induite par les ordres d’abri sur place et de confinement à domicile. Les entreprises sont fermées et le chômage est en hausse. Le marché boursier a chuté de plus de 20 % par rapport à ses sommets de février 2020. Le prix du pétrole est inférieur à 20 $ au moment d’écrire ces lignes. Le contexte actuel se caractérise par de faibles taux d’intérêt, des fluctuations à la hausse possibles des risques sous-jacents, notamment les risques de mortalité, de morbidité et de déchéance, combinés à une dépréciation des actifs et à un fort taux de chômage. Félicitations à tous les gestionnaires de risques qui ont anticipé pareil scénario dans leur modélisation antérieure.

Que signifie ce cygne noir pour les domaines de pratique actuarielle?

Mortalité

Cette pandémie pourrait-elle bouleverser toutes les tables de mortalité qu’utilisent les actuaires des secteurs de la retraite et de l’assurance-vie? Selon certains modèles de pandémie aux États-Unis, et compte tenu des taux connus actuels d’infection et de mortalité, la borne supérieure du nombre de décès aux États-Unis pourrait approcher les 2,2 millions. Cela représente une forte mortalité! Si cela s’avérait, on pourrait dénombrer, toute proportion gardée, plus de 200 000 décès au Canada si le phénomène suivait ici la même trajectoire.

La borne inférieure du modèle indique de 100 000 à 200 000 décès aux États-Unis. J’ai tendance à accorder plus de poids aux chiffres inférieurs. Le système national de soins de santé du Canada et l’expérience antérieure du SRAS pourraient réduire le nombre relatif de décès par habitant en comparaison des États-Unis, où existe un mélange de prestataires privés et publics de soins de santé. Au moment d’écrire ces lignes, nous sommes très loin d’atteindre la borne inférieure des chiffres susmentionnés. La distanciation sociale semble aplanir la courbe.

Y a-t-il des preuves que la distanciation sociale fonctionne? Le premier exemple de son efficacité a peut-être été la grippe espagnole de 1918-1919. L’administrateur de la santé publique des États-Unis à l’époque avait demandé aux autorités locales d’interdire les grands rassemblements dans les zones touchées. Le maire de Saint-Louis a suivi les conseils. Le maire de Philadelphie ne l’a pas fait. Les courbes de mortalité des deux villes au cours de cette épidémie témoignent de l’efficacité de la distanciation sociale. Saint-Louis a pu aplatir sa courbe. Vu qu’on pense actuellement que le virus est transmis par gouttelettes dans l’air, le bon sens indique que la distanciation des personnes ralentit ou empêche la transmission.

Si on met les choses en contexte, 60 000 à 80 000 personnes dans le monde meurent chaque année de la grippe. Certes, ces décès dus à la grippe doivent être inclus dans les derniers taux de mortalité disponibles. Par conséquent, 60 000 décès supplémentaires aux États-Unis ou 5 000 décès de plus au Canada pourraient avoir une incidence négligeable sur les taux de mortalité existants. Font exception les aînés, pour lesquels nous observons de grandes distributions relatives de la mortalité en raison de ce virus. Nous pourrions également constater une légère modification des facteurs d’amélioration de la mortalité, particulièrement aux âges avancés. Toutefois, cette situation sera sans doute de courte durée jusqu’à la découverte d’un vaccin, qui se fera, on l’espère, ces prochaines années. Selon les rapports actuels, la mortalité des hommes est supérieure à celle des femmes, ce qui peut s’expliquer par la tendance des hommes à retarder la demande de soins, comme le suppose le personnel médical.

Les réassureurs-vie ont accumulé une forte exposition au risque de mortalité, car les compagnies en première ligne leur ont cédé le risque. Toutefois, la plupart d’entre eux sont bien capitalisés et devraient pouvoir faire face à cette tempête, probablement temporaire.

On connaît bien les taux d’infection et de mortalité de la grippe espagnole d’il y a un siècle. On peut dire la même chose, dans une moindre mesure, au sujet du SRAS, de l’Ebola, du VIH, du syndrome respiratoire du Moyen-Orient et de la grippe aviaire. C’est parce que beaucoup de temps s’est écoulé qu’on a pu compiler ces statistiques. Avec toutes les technologies modernes disponibles, il semblerait que les taux d’infection et de mortalité pourraient être beaucoup plus faciles à compiler en temps réel à mesure que la COVID-19 émerge. Toutefois, la difficulté d’obtenir des taux de mortalité exacts réside évidemment dans le dénominateur. Étant donné que les tests de dépistage du virus ne sont réalisés que sur les personnes qui présentent des symptômes ou qui sont soupçonnées d’être exposées au virus, il est plus difficile de déterminer à un moment donné combien de personnes sont exposées localement ou en général. La réalisation de tests sur un échantillon de la population pour détecter les personnes qui ont des anticorps dans leur sang fournirait une estimation du pourcentage de la population infectée. Cela suppose qu’un test d’anticorps efficace peut être trouvé. Dans un monde théorique, cela nous procurerait le dénominateur recherché.

On parle actuellement de recueillir des données de traçage des contacts au moyen de téléphones mobiles ou de moniteurs d’activité physique. Toutefois, le problème demeure, à savoir qu’environ 25 % des personnes atteintes de la maladie sont considérées comme asymptomatiques. Faute de tests à grande échelle, il est impossible de savoir avec certitude qui a été infecté.

Une fois que nous aurons la capacité de déterminer les taux d’infection dans la population générale, avec le temps, les gens pourront retomber dans leurs habitudes quotidiennes, y compris remplir leur voiture d’essence et se déplacer. Cela atténuera une partie du choc pétrolier. Un résultat intéressant est que, comme beaucoup de gens s’abritent sur place, les routes sont relativement désertes, ce qui devrait permettre de réduire le nombre de décès par automobile pendant cette pandémie. Cette pandémie devrait donc permettre de réduire le nombre de décès de la circulation.

Le nombre final de décès liés à la COVID-19 pourrait ne jamais être connu. On raconte que, en Italie et à New York, des gens meurent à domicile parce qu’ils n’ont pu bénéficier à temps d’aide médicale. Ces personnes sont apparemment omises dans les chiffres actuels de décès publiés sur certains sites Web. En outre, la question non résolue de savoir si quelqu’un est décédé de la COVID-19 ou d’une autre maladie préexistante fera en sorte que les statistiques réelles seront difficiles à obtenir. Dans le milieu de la santé, ce phénomène prend le nom de comorbidité.

Morbidité

Pour ceux qui se remettent du virus, la période de rétablissement semble très courte. On s’attendrait donc à peu d’impact sur les taux de morbidité liés aux produits d’invalidité de courte durée. De même, la morbidité des produits d’invalidité de longue durée vendus principalement aux adultes en âge de travailler ne devrait pas être affectée. Les produits de santé complémentaires vendus au Canada ou par l’entremise d’employeurs aux États-Unis pourraient faire l’objet d’une hausse des demandes d’indemnisation en raison de leur exposition à ces produits.

S’il y a une cause pour laquelle nous pourrions constater une forte augmentation des demandes d’indemnisation, ce serait les troubles mentaux, en assurance-invalidité. Étant donné que les personnes sont encouragées à s’isoler ou à se mettre en quarantaine du fait des ordres de confinement, les cas de troubles mentaux peuvent augmenter. Les assureurs pourraient aussi devoir modifier les prestations de retour au travail, car de nombreux employeurs ont temporairement fermé leurs portes.

Une seconde source de préoccupation est l’assurance soins de longue durée. Les médias regorgent de récits selon lesquels des centres d’hébergement et de soins de longue durée sont des foyers d’infection et provoquent des hécatombes. Malheureusement, ces centres, de même que les résidences avec services, comptent des résidents âgés dont bon nombre souffrent de pathologies préexistantes. On raconte que des personnes cherchent à retirer leurs parents âgés des centres d’hébergement et de soins de longue durée, ce qui entraînerait une réduction du versement de prestations et des demandes d’indemnisation pendant cette pandémie.

Assurance-vie

Jusqu’à présent, la réaction des assureurs-vie a été mitigée. Les sociétés d’assurance-vie pourraient devoir, pour l’heure, faire preuve de souplesse à l’égard des souscripteurs actuels, à l’exemple des banques et des assureurs IARD. L’empathie des assureurs-vie est peut-être le mot clé ici. L’offre d’une cessation ou d’une exonération de primes pour des périodes limitées pourrait contribuer grandement à assurer la fidélisation des souscripteurs. Les assureurs pourraient chercher à réduire à néant ou à une faible valeur l’intérêt sur les prêts des polices avec valeur de rachat à zéro, afin d’offrir aux souscripteurs la possibilité d’obtenir des liquidités à un prix abordable. Les dividendes des polices avec participation pourraient être touchés.

En revanche, on rapporte dans les médias que les assureurs auto et habitation réagissent à la crise en permettant le report du versement des primes. ICBC a récemment annoncé que plusieurs assureurs offrent des exonérations de primes. L’Ontario a également réagi en autorisant le versement de remises aux automobilistes assurés. Les consommateurs soutiennent que les assureurs automobiles devraient rembourser une partie des primes puisque les souscripteurs circulent moins, voire pas du tout. Les ventes d’assurance-vie pourraient être affectées, car les courtiers peinent à utiliser des outils de vente virtuels pour vendre des polices.

Rentes

La Cares Act, dotée d’une enveloppe de 2 billions de dollars et approuvée par le Congrès américain dans la dernière semaine de mars 2019, a donné une certaine marge de manœuvre aux souscripteurs en ce qui concerne les retraits d’argent des comptes des rentes fiscalement avantageux. À peu près au même moment, le Canada a adopté une loi autorisant les propriétaires de fonds enregistrés de revenu de retraite (produit de rente fiscalement avantageux et destiné aux retraités) à réduire de 25 % les distributions annuelles demandées, afin de donner le temps aux marchés boursiers et à ces fonds de se rétablir. Il se peut que les ventes de produits de rentes se fassent en grande partie par les canaux en ligne. Au moment de la reprise, il pourrait y avoir une hausse des taux d’intérêt si l’inflation augmentait, ce qui devrait profiter aux nouveaux souscripteurs.

Actifs

Certains actifs ont reçu une correction. On s’attend à ce que les obligations de sociétés comportent un risque accru de défaut. Cela vaut particulièrement pour les obligations de sociétés dans les secteurs du pétrole et du gaz, du commerce de détail, de l’hébergement et du transport aérien. Les prix des obligations ont augmenté à mesure que les taux d’intérêt se sont effondrés. Il y a un risque évident à l’avenir que les obligations venant à échéance doivent être réinvesties dans des actifs à faible rendement, ce qui ferait baisser le rendement global du portefeuille. Pour ce qui est des actions, nous l’avons vu, le marché boursier avait chuté d’environ 20 % au moment d’écrire ces lignes.

Assurance-emploi

Peu d’entreprises se sont aventurées dans le domaine risqué de l’assurance-emploi. L’offre est limitée aux États-Unis et au Canada. En raison de la hausse des demandes d’assurance-emploi au cours des deux dernières semaines, les entreprises qui offrent ces produits pourraient être exposées à des risques importants.

Assurance voyage

L’assurance voyage est peut-être l’un des premiers produits touchés par la COVID-19. Alors que les gouvernements en Amérique du Nord et partout dans le monde ont commencé à restreindre le transport aérien et à fermer les frontières en mars, plusieurs assureurs ont réagi en interrompant les ventes.

Travail des témoins experts

Les médias anglophones ont utilisé l’expression « COVID Divorce » pour évoquer l’augmentation du nombre de divorces à la suite des ordres de confinement. Si tel est le cas, la charge de travail des actuaires appelés à témoigner devant les tribunaux s’en trouvera augmentée, mais toutes pour les mauvaises raisons.

Organismes de réglementation et agences de notation

On ne sait pas encore comment les organismes de réglementation du monde entier réagiront. Une agence de notation a émis l’hypothèse d’un taux d’infection de 5 % et d’un taux de mortalité de 1 %. Leur simulation de crise prévoit un taux d’infection de 15 % et un taux de mortalité de 0,75 %.

Exclusions

L’image des assureurs bien capitalisés serait entachée s’ils utilisaient les exclusions pour se soustraire du remboursement de sinistres. De nombreuses polices comportent des exclusions relatives aux guerres ou zones de guerre. Les assureurs utiliseront-ils ces dispositions comme porte de sortie si les sinistres augmentent au-delà des niveaux raisonnables? Certains médias ont qualifié cette situation de guerre mondiale V (V comme dans virus). D’autres disent que nous sommes en guerre.

Demandes d’indemnisation

On raconte que le versement des indemnités aurait ralenti. Les rédacteurs sinistres s’habituent à la nouvelle norme du travail à domicile. Ce fait s’explique en partie par le ralentissement de l’envoi des formulaires de réclamation par la poste et de l’obtention des preuves. Entre autres raisons, citons qu’il faut un certain temps d’apprentissage pour s’habituer à la nouvelle réalité virtuelle.

Modèles prédictifs et intelligence artificielle

Jusqu’à présent, les modèles utilisés aux États-Unis, au Canada et ailleurs ont produit des résultats divers. Certains modèles semblent déraisonnables en ce qui concerne les bornes supérieures de mortalité et d’infection qu’ils prédisent. On dit souvent que, pour qu’un modèle soit bon, il faut que ses hypothèses le soient aussi. À l’heure actuelle, il est difficile de poser des hypothèses valables dans ce contexte émergent.

Fait intéressant, le modèle Blue Dot créé à Toronto a permis de prédire la maladie naissante à Wuhan, en Chine, neuf jours avant que l’OMS ne fasse sa déclaration à ce sujet. Le modèle a utilisé l’intelligence artificielle et des milliers de points de données pour faire ses prédictions. Les données provenaient de sources comme les organismes de santé publique, les médias numériques, les données mondiales sur les billets d’avion, les rapports sur la santé du bétail et les données démographiques. Les données mondiales sur les billets d’avion ont été utilisées pour prédire la prochaine éclosion.

Un résultat positif, du point de vue de la modélisation actuarielle, est qu’un grand nombre d’assureurs avaient déjà fait ressortir leurs hypothèses de mortalité et de morbidité lors des exercices annuels ORSA. S’il existait un moyen d’agréger les résultats de plusieurs assureurs, cela donnerait une idée de la vigueur de l’industrie dans son ensemble face à cette menace de pandémie.

Gestion des risques et mégadonnées

Le 13e sondage annuel sur les risques émergents, commandité par la Casualty Actuarial Society, la Society of Actuaries et l’ICA, est paru au moment même de l’émergence de la crise sanitaire et révèle que les pandémies ne faisaient pas partie des cinq principaux risques. Toutefois, les pandémies ont mérité un rang élevé parmi les risques sous-évalués. Il est certain que personne, pas même les gouvernements, n’a pu prédire l’importance de l’impact de cette pandémie sur le monde moderne. Et personne, pas même les mégadonnées, ne pourra prédire avec grande précision le moment de la prochaine pandémie, mais nous pouvons affirmer qu’une autre vilaine pandémie se manifestera à un moment donné.

Les actuaires ont pour fonction de prévoir l’avenir, ce qui soulève les questions suivantes : les actuaires ont-ils fait fausse route? Ou est-ce le cygne noir que personne n’a vu venir?

À la fin de cette pandémie, beaucoup de données émergeront. Il est à souhaiter que des modèles plus précis utilisant les mégadonnées puissent être utilisés la prochaine fois qu’un cygne noir comme celui-ci arrivera.

Les cygnes noirs s’en iront

En terminant, je m’en voudrais de passer outre à la douleur et à la souffrance causées par cette pandémie. Personne ne devrait perdre sa vie simplement parce qu’il se rend au travail ou cherche à mener sa vie de tous les jours. À l’heure actuelle, les habitudes obscures du travail de l’actuaire semblent bien pâles en comparaison de ce qui se passe.

Les cygnes noirs existent. Le plus grand constat de cette situation est peut-être que nous, actuaires, devrons compter sur les médecins et les épidémiologistes de première ligne pour orienter nos connaissances et notre réflexion au sujet de cette pandémie. Comme les économistes, les statisticiens et les autres professionnels, nous demanderons aux professionnels de la santé qu’ils rassemblent les données dont nous avons besoin pour faire notre travail. Des statistiques telles que R0 (« R zéro », soit plus ou moins le nombre de personnes qu’une personne contagieuse infecte) ne font pas partie de notre lexique pour bon nombre d’entre nous. Toutefois, bon nombre de professionnels de la santé tentent également de comprendre les hypothèses qui sous-tendent ce cygne noir, compte tenu des prédictions toujours changeantes du modèle. Le tsunami finira bien un jour et les cygnes noirs s’en iront.

Terry Narine est délégué de l’ICA auprès du Comité sur la santé de l’Association actuarielle internationale.

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