Élargir et développer la pratique professionnelle

L’Institut a profité des perturbations subies en 2020 pour développer les démarches d’éducation et de recherche visant les domaines de pratique actuels et en émergence, une initiative qui vient renforcer la pertinence de l’expertise actuarielle dans les domaines traditionnels et au-delà. Depuis les régimes de retraite et les changements climatiques jusqu’à la gestion du risque d’entreprise (GRE) et le secteur bancaire, nous avons repoussé les limites de la profession.

Régimes de retraite : se préparer pour l’avenir

Environ 40 % des membres de l’ICA exercent dans le domaine des rentes et de la retraite, ce qui fait de celui-ci l’un des principaux domaines d’intérêt. Ainsi, l’Institut a conçu et publié plusieurs ressources visant à sensibiliser les membres aux changements et aux avancées concernant ce secteur.

En juillet 2020, l’ICA et la Society of Actuaries ont publié conjointement le rapport Décision relative au début des prestations du RPC, lequel vise à mieux éclairer les décisions des Canadiens et des Canadiennes pour qui le report des prestations du RPC pourrait améliorer la situation financière et accroître la sécurité du revenu de retraite. 

À propos des conclusions du rapport, le président de l’ICA, Michel St-Germain, affirme : « Cette recherche montre que dans le contexte actuel de faible taux d’intérêt et vu les prévisions de longévité de la population en général, le report des paiements du RPC est une stratégie avantageuse sur le plan financier. Elle constitue également un excellent exemple de la mission de l’ICA, qui consiste à faire progresser la science actuarielle et ses applications pour le bien-être de la société. »

Nous avons également apporté l’an dernier des modifications aux règles régissant le calcul de la valeur actualisée des rentes. Sous la gouverne du Conseil des normes actuarielles, on a annoncé en janvier des modifications au Chapitre 3000 – Régimes de retraite des Normes de pratique, lesquelles sont entrées en vigueur le 1er décembre 2020. 

Dans le cadre d’un épisode du balado Voir au-delà du risque, Gavin Benjamin, FICA et président du groupe désigné chargé de superviser les modifications, a parlé des mises à jour apportées en exposant les fondements de ces dernières et en expliquant la façon dont sont appliqués les calculs.

L’ICA a aussi préparé une fiche d’information intitulée Valeur actualisée des rentes, une ressource qui présente aux lecteurs une vue d’ensemble pour :

  • Établir des estimations pour déterminer une valeur actualisée;
  • Garantir que le calcul de la valeur actualisée est juste et cohérent;
  • Expliquer les mises à jour récentes des calculs.

Risques climatiques : il est temps d’agir

Vu l’importance établie des probabilités selon lesquelles les risques climatiques influent sur les choix en matière de placement, les actuaires possèdent non seulement l’expertise nécessaire pour contribuer à évaluer les risques et mesurer leurs répercussions, mais ils en ont la responsabilité. Par conséquent, l’Institut se doit de veiller à ce que ses membres disposent des ressources nécessaires pour se tenir à jour en la matière.

Afin d’évaluer l’étendue de la sensibilisation à l’égard des changements climatiques et les besoins des praticiens parmi les actuaires canadiens et leurs entreprises respectives, la Commission sur les changements climatiques et la viabilité (CCCV) de l’ICA a publié un sondage à l’intention des membres en 2019 et 2020.

« Nous souhaitions également mieux comprendre les besoins des membres de l’ICA en matière d’information ou de conseils que pourrait fournir l’ICA sur les risques liés aux changements climatiques », affirme Christine Bisson-Roberge, AICA, membre de la CCCV.

Les résultats du sondage indiquent que moins du tiers des répondants ou de leurs entreprises tiennent compte des risques émergents. Toutefois, la majorité des répondants estiment que des conseils et l’éducation relatifs à l’importance des risques liés aux changements climatiques pourraient être utiles aux fins de la divulgation de ces derniers.

Madame Bisson-Roberge décrit plus amplement les constatations du sondage de 2019 dans le cadre d’un balado Voir au-delà du risque en expliquant que « le sondage révèle des lacunes quant à la compréhension de l’incidence des risques associés aux changements climatiques et de sa prise en compte dans tous les domaines de pratique actuarielle, et il est donc crucial d’élaborer des conseils actuariels. »

« Nous souhaitions également mieux comprendre les besoins des membres de l’ICA en matière d’information ou de conseils que pourrait fournir l’ICA sur les risques liés aux changements climatiques. »

Christine Bisson-Roberge, AICA

À la lumière de ces résultats, la CCCV s’est engagée à combler les lacunes en matière de connaissances, d’information et de conseils en assurant auprès des membres une meilleure communication en la matière au moyen d’un nouveau document sur les ressources se rapportant à la pratique et de webémissions au cours de l’année à venir.

La publication de données trimestrielles de l’Indice actuariel climatique (IAC), un outil éducatif visant à informer les actuaires, les responsables des politiques et le public au sujet des tendances climatiques au Canada et aux États-Unis, constitue une autre contribution utile de l’Institut à cet égard.

Tout au long de l’année 2020, la moyenne mobile sur cinq ans a continué d’atteindre de nouveaux sommets. Cette tendance observée sur dix trimestres consécutifs représente une variabilité accrue pour le risque de marché. Vu l’importance de ces données, l’IAC constitue un outil utile pour étayer les politiques et évaluer les répercussions du climat sur les entreprises.

Les organismes mondiaux de réglementation en assurance encouragent l’industrie à mieux comprendre et gérer les risques financiers associés aux changements climatiques, et le Canada entame également le processus.

L’ICA a exprimé son soutien aux huit principales caisses de retraite du Canada dans leur appel aux entreprises afin qu’elles augmentent leur divulgation des facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), en accord avec le cadre proposé par le Sustainability Accounting Standards Board et le Task Force on Climate-related Financial Disclosures.

« La période pendant laquelle les entreprises et les gouvernements canadiens travaillent à rebâtir l’économie offre un contexte propice pour instaurer la transparence dans les mécanismes d’information financière et les exigences de divulgation », affirme Michel St-Germain, président de l’ICA. « L’amélioration de la divulgation et l’adoption de normes communes en ce qui concerne les rapports financiers sont des mesures qui permettent aux actuaires de mieux évaluer l’incidence financière des risques ESG sur les sociétés d’assurance et les régimes de retraite, maintenant et sur un horizon lointain. »  

La GRE et le secteur bancaire : tailler notre place

L’adaptation nécessite de prendre des risques et, pour les actuaires, cela peut se traduire par l’intégration de domaines de pratique non traditionnels tels que le secteur bancaire ou la GRE.

Cette dernière, qui ne se limite plus à l’évaluation des risques financiers, analyse maintenant les risques de répercussions sur l’entreprise (risques réputationnels et opérationnels), et les organisations font appel aux actuaires à cette fin. 

Depuis l’atténuation des risques lorsqu’ils se présentent jusqu’à la constitution d’une équipe d’intervention en situation de pandémie, la COVID-19 n’est qu’une des situations dans lesquelles les actuaires mettent en application leur expertise en modélisation pour fournir des éclairages et des solutions.  

L’analyse prédictive est un autre dérivé de ce domaine, de même que la notion selon laquelle la science des données et la science actuarielle, toutes deux multidisciplinaires dans leur approche, présentent de nombreuses similarités. En relevant ces dernières, on constate la mesure dans laquelle ces deux disciplines requièrent que leurs praticiens possèdent une compréhension approfondie des processus opérationnels sous-jacents et une solide connaissance du domaine pour s’acquitter de leurs fonctions avec succès. En ayant une compréhension plus approfondie de la science des données, les actuaires pourraient tirer profit des résultats de celle-ci dans leur travail et y trouver d’autres utilités.

Le secteur bancaire est un autre domaine qui présente d’intéressantes possibilités pour les actuaires. Compte tenu de la remise en question grandissante des modèles bancaires traditionnels, l’expertise actuarielle est de plus en plus sollicitée. Pourtant, il demeure difficile de combler les lacunes

Le secteur bancaire est le domaine de pratique qui connaît l’émergence la plus rapide pour la profession actuarielle au Canada et nous visons par conséquent à fournir à nos membres les outils et l’information dont ils ont besoin pour l’intégrer. À cette fin, on a créé la page Web intégrer le secteur bancaire, une liste de ressources colligée par des praticiens du domaine à l’intention des personnes qui souhaitent en savoir plus au sujet de la valeur ajoutée qu’apportent les actuaires et du développement de la carrière dans le secteur bancaire. 

L’Association nationale des étudiants en actuariat (ANÉA) a joué un rôle déterminant dans cette campagne en présentant une séance d’information au sujet des actuaires dans le secteur bancaire à l’occasion de son congrès ANÉA 2021. Au moyen d’exemples réels et d’un exposé, on a démontré la façon dont on utilise plus couramment les compétences, les connaissances et les concepts actuariels traditionnels dans les domaines en émergence.

La transférabilité des compétences actuarielles dans le domaine des affaires est indéniable. L’application de l’expertise de la profession en matière d’atténuation des risques peut permettre aux actuaires de tirer profit de failles existantes et d’exploiter les risques possibles au profit de toute organisation, quel que soit le secteur.

IFRS 17 : se préparer au changement 

En 2023, les sociétés d’assurance du Canada se joindront à celles du reste du monde qui sont régies par les nouvelles normes visant les états financiers. En prévision de ce changement important, le Conseil des normes actuarielles et de nombreux groupes au sein de l’ICA travaillent depuis un bon moment avec diligence afin de soutenir les actuaires dans cette transition.

Le Blogue sur la norme IFRS 17 (connexion requise) a été un outil précieux dans le cadre de cette démarche d’information, notamment à titre de répertoire pour tout ce qui concerne l’IFRS 17, dont les notes éducatives, les liens vers des sites web et les mises à jour des commissions.

Plusieurs séances présentées à l’occasion du Congrès act20, événement annuel phare de l’ICA, se sont penchées sur des sujets tels que :

  • Considérations pratiques concernant la gestion des risques liés aux rentes variables en vertu de la norme IFRS 17
  • L’impact de l’IFRS 17 sur le rôle de l’actuaire
  • IFRS 17 – Défis à prévoir pour les actuaires lors de futurs audits
  • Matériel d’orientation en évolution pour l’IFRS 17.

L’Institut s’est également entretenu avec des organismes de réglementation tels que le Bureau du surintendant des institutions financières et l’Autorité des marchés financiers afin de s’assurer de la compréhension commune de la façon dont la nouvelle norme sera mise en œuvre. 

La norme IFRS 17 actualisée donnera vraisemblablement lieu à des difficultés de mise en œuvre supplémentaires, mais il importe que les assureurs aillent de l’avant. Grâce à des ressources internes et externes appropriées, nous sommes confiants que les entreprises et les actuaires seront bien préparés pour commencer à se conformer à l’IFRS 17 aux fins de la présentation des rapports en 2023.


Le présent article est le quatrième d’une série de cinq d’Ensemble, séparés : Rapport annuel de l’ICA 2020-2021. Lisez le troisième article maintenant : L’expertise des actuaires, ici et ailleurs. Restez à l’affût pour le prochain article intitulé : Une profession actuarielle orientée vers le mieux-être de la collectivité.

Ajouter un commentaire

Suivez nous

Sections